Culture
La ferme Hovington

Il était une fois... La ferme Hovington

L'histoire de la ferme Hovington, au 555 chemin du Moulin-à-Baude, débute avec William Hovington (1827-1900) vers 1847-1851. Située dans le « Hameau du Moulin Baude », cette ferme est le dernier vestige de la colonisation du secteur. Elle occupait, à l'époque, une superficie totale approximative de 244 acres (98.74 ha) et regroupait cinq bâtiments, soit une maison, une grange, une porcherie, un poulailler et une glacière.

Après la fermeture de la scierie de l'Anse-à-l'eau vers 1848, trois familles décident de s'installer au Moulin-Baude autour de la scierie de Thomas Simard.

Pour voir des photos de l'époque : https://www.tidesoftadoussac.com/fr/dunes

La déforestation permet aux habitants de construire des fermes et de diversifier leur économie : ils étaient souvent autant bûcherons (hiver), trappeurs (hiver), pêcheurs que cultivateurs. Le recensement agraire de 1851 nous apprend que 13 familles de cultivateurs vivaient au Moulin Baude, dont la famille de William Hovington.

Famille nombreuse, certains des membres de la famille Hovington seront des pionniers pour Tadoussac, mais aussi pour Sacré-Coeur. Selon la généalogiste Nataly Brisson, William et son épouse Léocadie ont donné naissance à la plus grande famille Hovington : ce serait près de 60% des Hovington de la Haute-Côte-Nord qui seraient leurs descendants. Cette famille s'est mélangée avec presque toutes les familles de Tadoussac. C'est l'exemple type d'une famille anglophone assimilée aux canadiens français, au point d'être devenue francophone aujourd'hui.

Les cultivateurs du hameau récoltaient surtout de l'avoine, du seigle, de l'orge, des pois, des pommes de terre et du foin. Cependant, c'est la culture du blé d'automne, attestée par la présence d'un moulin à farine et d'un meunier, qui sera le plus cultivé dans le hameau. Malheureusement, avec la déforestation et la culture, le hameau se transforme en dunes de sable à partir des années 1880 et, dès lors, nombre de familles déménagent. Aujourd'hui, il ne reste de cette aventure agricole que la ferme Hovington qui n'a jamais changé de fonction depuis sa fondation.

La ferme est le dernier vestige des premiers établissements agricoles à Tadoussac et, en ce sens, elle est le dernier témoignage de la colonisation du secteur du Moulin-Baude. Elle est le témoin d'un pan de l'histoire et du patrimoine agricole de la Côte-Nord en étant une des plus anciennes fermes encore en activité. Or, une partie de ce patrimoine est en train de disparaître : en 1993 la porcherie s'effondre, la grange-étable à l'ouest est démolie en 1995 et le poulailler s'affaisse en avril 2014. Il ne reste de cette ferme ancestrale que la maison, une grange et une petite remise.

Des fouilles archéologiques du site de la ferme Hovington

Le site de la ferme Hovington figure dans une zone à fort potentiel archéologique. Soucieuse de préserver ses richesses patrimoniales, la municipalité du village de Tadoussac travaille de concert avec le ministère de la Culture et des Communications afin de s'assurer que les travaux prévus s'effectuent en respectant les plus hauts standards en matière de fouilles archéologiques.  

De 1985 à 2024, ce sont trois interventions archéologiques majeures qui se sont déroulés sur le site, récoltant plus de 816 artefacts. Ces études, sources de nouvelles connaissances, ont permis de documenter des traces d'occupation autochtones remontant à plus de 8 500 ans sur ce qui devait être un site de taille de pierre. M. François Guindon, responsable du dossier en 2014 a par ailleurs mentionné que le secteur figure parmi les plus anciens de la Côte-Nord. D'autres recherches ont également permis de retrouver des artefacts datant du XIXe siècle, renseignant sur les débuts de la ferme. 

Aujourd'hui, le site ancestral de la ferme continue à être exploité pour l'agriculture. Ce sont quatre agriculteurs avec leurs projets innovants et biologiques, qui contribuent à la sécurité alimentaire en fournissant des aliments, locaux, frais et de qualités accessibles aux résidents, aux commerçants (épicerie et restaurants), aux revendeurs de la région et aux touristes (petit marché d'été). L'alimentation locale permet un faible coût des transports et de manutention, rendant ainsi accessible une alimentation saine.